SCHEMA REGIONAL SANTE

Stratégie régionale seniors

Combattre les maladies chroniques pour un vieillissement actif et en bonne santé

L’augmentation de l’espérance de vie s’accompagne d’un changement des principales causes de morbidité et de mortalité, plus de 70 % étant imputables aux maladies chroniques.

L’augmentation des personnes atteintes de maladies chroniques génère de nouveaux risques liés aux interactions entre de multiples pathologies (co-morbidités) et aux altérations fonctionnelles liées à l’âge.

D’ici 2020, les progrès dans la détection précoce, la prévention et le traitement des complications à long terme des maladies chroniques devraient contribuer à préserver la qualité de la vie des personnes âgées.

Les technologies de l’information et de la communication, aujourd’hui encore sous-utilisées offrent un potentiel à exploiter dans les maladies chroniques. Leur utilisation pour aider au suivi de la prise en charge à domicile est un axe prometteur pour limiter les dépenses, favoriser l’émergence de nouvelles organisations plus efficaces et améliorer la qualité de vie des personnes concernées.

Le Languedoc-Roussillon peut se considérer d’ores et déjà comme un acteur majeur de la lutte contre les maladies chroniques grâce aux services cliniques des CHRU de Montpellier et du CHU de Nîmes, au réseau de soins de santé primaire et au tissu scientifique reconnu individuellement au plan national, grâce à ses équipes de recherche (INSERM et CNRS) qui travaillent sur les aspects fondamentaux de la biologie et de la recherche clinique appliquées aux maladies chroniques et au vieillissement.

Le projet « maladies chroniques » (maladies cardiovasculaires, cancer, maladies respiratoires chroniques et diabète) vise à faire reconnaître la région au delà de ses frontières comme territoire d'excellence dans l'analyse, la prévention, la prise en charge des maladies chroniques.

Il s'agit ainsi de définir l'identité du Languedoc-Roussillon dans le champ de la santé publique.

Le projet porté par la Région sur le plan institutionnel, associe potentiellement l’ensemble des acteurs intervenant dans le champ de la santé. Il associe aujourd’hui, à titre principal, le CHRU de Montpellier, le CHU de Nîmes, l'Université de Montpellier 1, mais aussi l’INSERM, le CNRS, ainsi que d’autres organismes publics ou privés, membres, notamment, du Comité de recherche biomédicale et de santé publique (CRBSP).

L'intérêt du positionnement retenu est multiple :

  • il propose une approche transversale, globale, qui vise à traiter le bien-être des individus et non des pathologies particulières ;
  • il représente un enjeu majeur de santé publique, compte tenu notamment du vieillissement de la population et du poids prépondérant des maladies chroniques des dépenses de santé prises en charge par l'assurance maladie.

Il s'agit d'aller vite pour le bien-être de la population, dans un contexte de concurrence exacerbée.

Le projet est décliné aux niveaux international, national et local.

Porté au niveau international, il fait l’objet de dossiers déposés au nom de la Région dans le cadre d'appels à candidatures européens et ce, afin :

  • de faire connaître au delà des frontières l’expertise régionale en la matière ;
  • de faire reconnaître à moyen terme le Languedoc-Roussillon comme site de référence européen ;
  • d’amorcer la construction d’un réseau de collaborations (en relation avec d'autres

Régions et d'autres pays - Pologne, Portugal par exemple) ;

  • d’obtenir des financements de projets dédiés.

Une réunion est organisée par la Région au Parlement européen dans ce cadre le 13 novembre 2012.

Sont également envisagées :

  • l'organisation d'une réunion à Montpellier courant 2013 ;
  • l'adhésion de la Région à l'association Euregha (European regional and local health authorities) qui vise à faciliter les coopérations entre Régions membres (telles que la Catalogne, la Vénétie ou la Flandre).

Ce travail est évidemment crucial, mais n’a de sens qu’au regard du développement concret du projet sur le plan national et, au premier chef, en région.

Le rôle de notre collectivité est d’être tout à la fois chef de file et catalyseur de ce projet.

Il s'agit de permettre la fédération concrète, opérationnelle des équipes (CHU de Nîmes et de Montpellier par exemple), d'assurer leur cohésion, de sélectionner les meilleurs projets, de les valoriser.

En pratique, cela consiste à :

  • identifier des projets cliniques (clinique des comorbidités, DeProPass "Macmobile"), des programmes (politique publique d'éducation à la santé, maisons de santé...) contribuant à l'objectif de prévention des maladies chroniques et d’accompagnement d’un vieillissement actif et en bonne santé ;
  • dégager la cohérence des actions engagées par nos institutions et en particulier par les pouvoirs publics en la matière ;
  • engager le processus de création d'un label « combattre les maladies chroniques / vieillir actif et en bonne santé – Languedoc-Roussillon ».

En perspective, cela pourrait conduire :

  • à la création à confirmer de la fondation de coopération scientifique ;
  • à une plus grande implication des services de l’Etat, qu’il s’agisse de l’Agence régionale de santé, de l’assurance maladie ;
  • au développement du projet au niveau de la recherche (travail sur le génome : prévention de la chronicité de la maladie) ;
  • au soutien de la Région à des projets de recherche identifiés.

Hormis son éventuelle contribution à une future fondation de coopération, la position de la Région resterait celle qui est la sienne aujourd’hui : fédératrice de compétences, d’énergies, sur l’ensemble de son territoire, à la fois légitime en termes d’aménagement et résolument offensive quand il s’agit de soutenir des projets de coopération fondés sur l’innovation.

Les enjeux sont considérables, compte tenu du vieillissement programmé de la population et de la raréfaction actée des financements publics pour y faire face.

Au delà de cette initiative particulièrement structurante, la Région considère que la question de la santé de ses ressortissants doit être envisagée globalement, dans une acception qui ne serait pas, ou plus, médicale, mais sociale : c’est la position sociale de chacun, son accès à l’éducation, à l’emploi, au logement, aux relations sociales, à la culture, etc., qui déterminent largement sa santé.

Ainsi, c’est l’ensemble du Pacte conclu par notre collectivité avec ses habitants qui vise à ce qu’ils « vieillissent du mieux et en meilleure santé possible » : vaste ambition !

 

Le Président

Christian BOURQUIN